Dépistage du cancer du sein 74

Cet automne, une de mes amies m’envoie un lien sur ma page Facebook pour un concours photographique organisé par le dépistage du cancer du sein 74.
Cette cause, me touche comme beaucoup de femmes de mon âge.
Je contribue à aider cette association lors de mes journées boudoir en leur reversant une petite contribution.
Je décide donc de me pencher sur ce concours.
Le thème ?      SEIN-GULIER
.
Je commence mes recherches sur Google puis sur Pinterest car ce sont de très bons amis.
Et là, RIEN !!!! je suis stupéfaite …
Je trouve des photos de ruban rose qui est leur emblème,
des poitrines très jolies de femmes minces…
mais aucune photo de cancer du sein.
Tu sais …la VRAIE photo de cancer.
Celle qui te donne des frissons, qui te fait réfléchir, qui te pousse à te toucher la poitrine pour prévenir une éventuelle grosseur.
Je me pose des questions ..
et dans un fou rire un peu jaune,j’en déduit que je ne risque rien …
Le cancer touche des femmes jeunes minces à petites poitrine et les seules marques de ce cancer c’est un ruban rose !
j’éclate de rire !!! …
N’importe quoi …
si seulement …
Je ferme les yeux…
…Et la photo m’apparait …
Mon modèle est une femme ronde et généreuse.
Sa poitrine importante est orpheline, car l’un de ses seins a laissé place à une grosse balafre qui lui ôte une partie de sa féminité.
Je pense à une cliente, touchée par le cancer du sein, qui correspond à mon critère physique.
Je décide de laisser le destin opérer et fait un appel sur ma page Facebook.
2 jours plus tard, j’ai 2 messages dont …ma cliente.
C’est bon je me lance .
Ma cliente sera la première à venir. je lui demande de me raconter sa maladie, ce qu’elle a ressenti lorsqu’elle a appris sa maladie, puis, lors de son traitement de chimiothérapie et de son ablation.
Je ressens son émotion et m’en imprègne.

Je prends plusieurs clichés.
Je les veux brutes, vrais, sans mensonge, sans artifices…
Lors du post traitement, je recadre, traite la luminosité, les transforme en noir et blanc et « The photo » apparait ..
Elle me donne des frissons et me tire les larmes.
C’est décidé c’est elle qui partira pour le concours.
Je la montre à mon amie Chris Poulain Dassonville qui se met à pleurer.
Elle a un texte pour l’accompagner.
J’envoie ma photo et passe à autre chose.
3 semaines plus tard, je reçois un mail de l’association qui m’apprend que je fais partie des lauréats du concours.
Je vous explique même pas ma dose d’excitation et de fierté …
Et là, c’etait à vous de rentrer en jeu car j’avais besoin de vos votes. 
Mon cher et tendre use et abuse de son réseau pour faire voter collègues et amis.
Ayant mis ma photo sur ma page Facebook, celui m’a bloqué ma page 
       (pas cool ça ..)
Bref,grâce à vous (plus de 700 personnes ont voté pour ma photo),me voilà conviée à Annecy pour la remise des prix.
Je m’attendais à avoir un petit lot mais quelle ne fût pas ma surprise lorsque la présidente m’a remis un chèque cadeau de 300 €…
Yallaaahhhh … Mon objectif 35 mm que je lorgnais depuis quelque temps n’a pas mis vieux à arriver dans mon sac photo … moi j’vous l’dis.

Bref, je re-participe l’an prochain avec le même objectif ..
… La vérité Vraie …
Un immense merci à vous de me soutenir et de m’aider à assouvir mes rêves
Bisous …et n’oubliez pas de vous toucher la poitrine les filles…

PS: Je vous poste ma photo avec le poème de mon amie Christine Poulain Dassonville

“Combat cellulaire.
Au fond des excavations de ces courbes divines, je prends naissance.
Pourquoi toi ?
Pourquoi ce corps ?
Pourquoi est-ce celui-là que j’ai choisi.
Je ne saurais répondre.
Je sais que de ce sein, tu as nourri,
pourquoi ne pourrais-je pas m’y nourrir moi aussi ?
Je suis là, au fond de toi, tu ne le sais pas encore
mais je m’installe doucement.
Combat cellulaire.
Je grignote ta chair pour grandir et faire ma place.
Je t’ai entendue me donner un nom.
Tu sais donc que je suis là.
Quand tu pleures, je sens parfois ta main qui me presse
et j’entends mon nom que tu cries.
Puis j’entends aussi : diagnostic, désespoir, traitement, complication, douleur, souffrance, soutien.
Ce corps que tu chéris, tu sais, je le chéris aussi :
il est tout ce que j’ai.
N’ai-je pas le droit d’exister même si en grandissant
je sais que je te meurtris ?
Combat cellulaire.
Je comprends que tu meurs et que tu vas me détruire,
tu as tout à perdre et moi si peu à offrir.
Je reconnais ta puissance, c’est toi qui m’as battu.
Je reconnais ton âme, je reconnais ta volonté qui m’a anéanti.
La cicatrice que je vais laisser derrière moi te rappellera à jamais ma venue et combien j’ai abîmé, brisé, décimé, dévasté…
toi et tous ceux qui étaient autour.

Combat cellulaire.
Je n’avais pas compris que nos corps n’étaient pas compatibles,
que nous allions mourir ensemble.
Laisse-les m’arracher à toi.
Dans mon dernier souffle,
j’ai entendu : Guérison.”
Christine Poulain Dassonville